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Hubert Bonin : "L’entreprise a évolué, les profils de dirigeants se perpétuent"

Professeur d’histoire économique contemporaine à l’IEP de Bordeaux, il est l’auteur d’ouvrages sur l’histoire des entreprises, des banques et de la finance. Il est également chercheur au GRETHA-Université Montesquieu.

Depuis la fin du XIXe siècle, les fusions-acquisitions et l’internationalisation des marchés ont profondément modifié la culture des entreprises familiales de moyenne ou grande taille. La gouvernance des entreprises a de même évolué à la faveur d’une séparation du capital familial et du capital de l’entreprise. En France, le développement des structures "gigognes" (comme pour les groupes Pinault et Arnault), permettant l’apport de capitaux extérieurs tout en préservant le contrôle familial, confère aux entreprises familiales les moyens de leur croissance mais aussi des obligations de transparence. Paradoxalement, les profils des dirigeants n’ont pas fondamentalement changé. Si leur capital de savoir-faire et la géographie de leur action se sont élargis, « gestionnaires » financiers et « conquérants » développeurs continuent à coexister au sein des sociétés familiales.